L'Abbé, pièce de Bouilly (voy. ce nom).
Bouilly (Jean-Nicolas), littérateur français, né en 1763 à La Coudraye (Indre-et-Loire), mort le 14 avril 1842. Il fut élevé au collége de Tours et se fit recevoir avocat à Paris. En 1790 il débuta au théâtre par Pierre le Grand, opéra comique en quatre actes, dont Grétry fit la musique, et en 1791 il donna le Jeune Henri, opéra comique en deux actes, auquel Méhul mit une ouverture célèbre. La reine Marie-Antoinette, en récompense des gracieuses allusions contenues dans ces pièces, envoya à l'auteur une riche tabatière, que celui-ci, devenu républicain, offrit plus tard à la Société des jacobins de Tours. Accusé de modérantisme 1793 et de terrorisme en 1797, Bouilly fit successivement de flatteuses dédicaces à l'impératrice, à la duchesse de Berry, à la reine Marie-Amélie, sans cesser toutefois de rester honnêtement convaincu de son indépendance. Ses oeuvres, soit dramatiques, soit morales, montrent en lui un homme vertueux, bon et sensible à un degré qui lui valut le nom de "poëte lacrymal". Son style est prolixe et recherché. Ses écrits dramatiques, composés avec habilité, obtinrent pour la plupart un grand succès de larmes. Ses livres moraux, destinés à la jeunesse at aux femmes, offrent des passages touchants et des peintures gracieuses.
Nous citerons parmi ses pièces de théâtre: J.-J. Rousseau à derniers moments,, dux actes en prose (1791); l'Abbé de L'Epée, en cinq actes, en prose (1795), ouvrage qui a été souvent repris, moins pour sa valeur littéraire que pour l'intérêt qui s'attache aux personnages; René Descartes, comédie en deux actes en prose (1796); la Mort de Turenne, mélodrame en trois actes, avec Cuvelier (1797); les Deux Journées, comédie lyrique en trois actes (1800); Florian, un acte en prose (1800); Berquin, un acte en prose (1802); Fanchon la vielleuse, avec Joseph Pain, comédie lyrique en trois actes (1803); une Folie, opéra comique en deux actes (1803); le Désastre de Lisbonne, drame en trois actes (1804); Madame de Sévigné comédie en trois actes, en prose (1805); la Vieillesse de Piron, comédie-vaudeville, avec Pain (1810); le Petit Courrier, comédie-vaudeville, avec Moreau (1812); Valentine de Milan, drame lyrique en trois actes (1822); etc.
Les ouvrages moraux de Bouilly sont les suivants: Contes à ma fille (Paris, 1809, 2 vol. in-12, souv. réimpr.); Conseils à ma fille (Paris, 1811, 2 vol. in-12, souvent réimpr.); Encouragements de la jeunesse (Paris, 1814, in-12); les Jeunes Femmes (Paris, 1819, 2 vol. in-12); Contes à mes petites amies ou Trois mois en Touraine (Paris, 1821, 2 vol. in-12); les Mères de famille (Paris, 1823, 2 vol. in-12); Contes offerts aux enfants de France, (Paris, 1823, in-12); les Révelations (Paris, 1835, 2 vol. in-12), suite d'études sur le coeur des femmes. Il a publié des mémoires, sous le titre de Récapitulations ou mes souvenirs (Paris, 1836, 3 vol. in-12).
Cf. E. Legouvé: J.-N. Bouilly, etc. (Paris, 1842, in-8);
Ét. Arago et Durozoir, dans la Biographie universelle.